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Après l’Armistice, en 1918, dans une Europe exsangue, les vainqueurs éprouvent un grand soulagement : humiliée, démembrée, amputée de son empire colonial, l'Allemagne n'est pas près de relever le front.

À Paris, pendant le conflit, on n'a pas perdu l'art de s'amuser. On fit la fête au début pour se moquer de l'ennemi et se donner du courage, ensuite, pour distraire les permissionnaires.

Puis, quand trop d'horreurs eurent enlevé aux «poilus» l'envie de rire, la fête continua pour consoler les planqués de s'enrichir sous le regard lourd des rescapés du Front.

Alors, maintenant qu'une génération nouvelle rêve d'un monde nouveau et proclame «Plus jamais ça !», on s'empresse de lui proposer de nouvelles griseries sur fond de musiques venues d'Amérique avec les Alliés, le jazz fait son apparition.

L' utopie positiviste du XIXe siècle et son crédo progressiste font place à un individualisme déchaîné et extravagant. André Gide et Marcel Proust donnent le ton littéraire de cette tendance qui s'exacerbe et croît avec le mouvement dada dont Tristan Tzara publie le manifeste. Le surréalisme d'André Breton n'est pas loin.

L'Art nouveau foisonnant, fauché par la guerre, cède la place aux épures précieuses de l'Art déco. La cloche de Wall Street un certain jeudi de 1929 annoncera la fin des réjouissances.

Plusieurs événements artistiques ont provoqué des changements majeurs dans les arts décoratifs et particulièrement le mobilier : les ballets russes de Serge Diaghilev, le fauvisme, le cubisme, l’art nègre.

De 1920 à 1939, et en réaction à l'Art nouveau d'avant la Première Guerre mondiale, l'Art déco fut un mouvement artistique extrêmement influent surtout dans l'architecture et le design, mais concerna en fait plus ou moins toutes les formes d'arts plastiques.

Le style Art déco tire son nom de l’Exposition internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes qui se tint à Paris en 1925.

La période Art déco est directement liée à la garçonne, terme désignant l'émancipation de la femme et instaurant la femme au-dessus de l'homme, dans les années 1920. Le mot vient du roman du même nom écrit par Victor Margueritte. Les plus belles représentations de la garçonne sont Suzanne Lenglen (tennis), Louise Brooks (cinéma), Tamara de Lempicka (peinture) ou encore Joséphine Baker (danseuse noire)… La mode exprime totalement cette libération de la femme en proposant des mannequins aux cheveux courts, des robes courtes et légères et surtout sans corset. Ce sont ces silhouettes élégantes que vous retrouvez sur les vases présentés par ce site.

Après une période faste durant les années 1920, le courant s'essouffle peu à peu vers la fin des années 1930, progressivement remplacé par l'influence grandissante du Bauhaus et plus généralement du Style international qui accompliront le rêve des artistes de l’Art déco : la production en série. Et c'est ainsi que naquit la société de consommation que nous connaissons, le « beau » à moindre prix.