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Manufacture

 

Manufacture de Sèvres :

L’essor, la réussite

“En 1740, une Manufacture de porcelaine tendre est fondée à Vincennes ; ce succédané de la véritable porcelaine, dite porcelaine dure, composée de kaolin à près de 75 %, est très convoité par les gouvernements européens au XVIIIe siècle, car seule l’Allemagne en Europe avait découvert, au début du siècle, un gisement de kaolin sur son sol. C’est pourquoi le roi Louis XV s’intéresse rapidement à la Manufacture de Vincennes, qui est transférée à Sèvres en 1756 dans des bâtiments construits spécialement.

La réussite éclatante de la Manufacture de Vincennes-Sèvres, accompagnée des privilèges royaux, est le résultat de la conjonction heureuse entre l’excellence des matières et celles des savoir-faire et du goût inspiré de la modernité. Les modèles sont conçus par des artistes de renom, comme François Boucher, peintre du Roi, premier artiste invité en 1749. Giovanni Claudio Ciambellano, dit Duplessis père, orfèvre du Roi, est le créateur de la plupart des formes de 1748 à sa mort, en 1774.

En 1752, les sculptures sont délibérément laissées en biscuit, sans émail et sans décor, afin de les distinguer de la sculpture polychrome allemande très en vogue et de les apparenter à la froideur du marbre. Etienne-Maurice Falconet, chargé de la sculpture de 1757 à 1766, participe activement au succès du biscuit de Sèvres. En 1759, le roi fait passer sous l’entier contrôle de la Couronne la jeune Manufacture.

En 1768, deux chercheurs de la Manufacture de Sèvres découvrent le premier gisement de kaolin sur le sol français, près de Limoges. La porcelaine dure est commercialisée à Sèvres dès 1770.

A cette époque, le style passe du baroque au néo-classique, très présent dans la sculpture - dirigée de 1773 à 1800 par Louis-Simon Boizot membre de l’Académie royale -, avec des allégories et des sujets mythologiques. Pendant la Révolution, l’iconographie s’inspire des nouveaux thèmes patriotiques.”

Sources : Texte extrait du site officiel de la Manufacture nationale de Sèvres
www.manufacturedesevres.culture.gouv.fr

Manufacture de Limoges :

“Depuis le XVIIIe siècle, date des premières productions, la notoriété de la porcelaine de Limoges s’est développée au point que le nom de la ville évoque instantanément l’art de la porcelaine.

Avant cette date, l’histoire de la céramique européenne peut être considérée comme la longue recherche entreprise par l’Europe pour percer le secret de fabrication de la porcelaine, découverte en Chine à l’époque Tang. La fascination qu’elle exerça s’explique en grande partie par le mystère qui parut longtemps miraculeux d’une argile permettant d’obtenir, grâce à l’alchimie du feu, une matière blanche, translucide, brillante et sonore.

Même si les européens maîtrisaient alors certains arts du feu tels que le verre ou la faïence, il leur manquait un matériau indispensable, le kaolin, qui donne à la porcelaine blancheur, dureté et translucidité.

C’est au XVIIIe siècle que l’on trouva enfin des gisements exploitables en Europe, en 1709 en Allemagne, puis en 1768 en France, à Saint-Yriex-La-Perche, localité voisine de Limoges. C’est à partir de cette découverte que naquit et se développa la porcelaine de Limoges. Sous les auspices de Turgot, alors intendant du Limousin, qui y vit une source de richesse pour sa région, la première manufacture fut créée en 1771, puis protégée par le Comte d’Artois à partir de 1774.

La production reprend les décors couramment utilisés pour les objets en porcelaine tendre au cours des années précédentes, à savoir des motifs de fleurs en jeté de petits bouquets. Le filet doré en dentelle d’or est souvent utilisés et fréquemment doublé d’un filet bleu uni. Les formes produites sont simples et peu nombreuses. Après le rachat de la manufacture de Limoges en 1784 par la manufacture royale de Sèvres, les formes et les décors devinrent plus recherchés et raffinés.

La marque de la manufacture du comte d’Artois :
Entre 1771 et 1774, seuls les biscuits semblent avoir porté une marque. A partir de 1774, l’entreprise placée sous la protection du comte d’Artois, utilisa systématiquement les initiales du prince CD, marque qui fut conservée jusqu’à sa fermeture en 1796. Au cours de la fabrication, les objets étaient marqués en creux, et après la pose du décor ils recevaient la marque en couleur, le plus souvent rouge, mais parfois bleu.”

Sources : Texte extrait du site du Musée national Adrien Dubouché - Limoges
www.musee-adriendubouche.fr

Manufacture de Meissen :

Dès l’arrivée des porcelaines orientales en Europe et la constitution des premières collections, les Européens, véritablement fascinés, essaient d’imiter la blancheur et l’opalescence des objets de l’Extrême-Orient. Les premières tentatives ont lieu sous le patronage des Médicis au XVIe siècle, à Florence, où sont produites les premières porcelaines tendres. À la fin du XVIIe siècle, d’autres variétés de porcelaines tendres sont également mises au point ; les plus prisées étant celles de Rouen et de Saint-Cloud. Les premières recherches véritables sont réalisées à la cour de Dresde, sous le règne d’Auguste II qui emploie (et va jusqu’à emprisonner) l’alchimiste Johann Friedrich Bottger pour qu’il découvre le secret de la fabrication de la porcelaine. Avec l’aide du physicien Ehrenfried Walther von Tschirnhaus, Bottger met tout d’abord au point une céramique dure de couleur rouge et, en 1709, annonce qu’il a réussi à produire une « belle porcelaine blanche délicatement vernissée et peinte ». Cette découverte figure le point de départ de la manufacture de Meissen qui produit une porcelaine de grande qualité. La réussite de la porcelaine de Meissen est, en grande partie, à attribuer au talent exceptionnel de deux créateurs, le peintre Johann Gregor Höroldt (v. 1720-1765) et le sculpteur Johann Joachim Kändler (v. 1731-1775), qui établissent le succès de Meissen auprès des aristocrates européens et de ce centre porcelainier, un exemple pour toutes les autres manufactures. La manufacture de Meissen, détruite lors de la guerre de Sept Ans (1756-1763), rouvre dans les années 1770 sous la direction du comte Camillo Marcolini. Malgré ses efforts, Meissen ne retrouve pas son succès d’antan, notamment du fait de la concurrence d’autres manufactures. Malgré toutes les précautions dont s’entourent les porcelainiers de Meissen, leur secret ne tarde pas, en effet, à être dévoilé. Les premiers à l’exploiter sont les fabricants de la manufacture du Paquier à Vienne (1719), puis de la manufacture de Vezzi à Venise (1720) ; sa production est également menacée par des produits fabriqués à Meissen, mais décorés par des orfèvres d’Augsbourg.