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Historique

 

Il serait prétentieux de prétendre raconter l’histoire de la peinture sur porcelaine en quelques lignes. Aussi nous contenterons-nous de présenter quelques notions de base concernant la naissance du décor.

Avant les décors il y a d’abord de la porcelaine et des formes qui s’inspirent de l’orfèvrerie. D’ailleurs, il serait intéressant d’établir les relations qui existent entre la porcelaine et l’orfèvrerie, entre la porcelaine et la sculpture. Les premières porcelaines vues par les Européens au XV ème siècle sont importées d’Orient. Cette « pourcelaine » que nous trouvons mentionnée dans les inventaires de familles prestigieuses telles les Médicis, celle de François I° ou de Charles Quint est parfois commandée par les souverains eux-mêmes.

La naissance de la porcelaine européenne s’explique donc par le désir de rivaliser avec les Orientaux et leurs merveilleuses céramiques translucides tant appréciées des rois.
Cependant, tant que l’Europe ignora le kaolin, elle ne proposa qu’un produit dérivé du verre, une pâte tendre, fragile, pas tout à fait blanche, à la cassure plus ou moins terreuse. D’où le nom de porcelaine tendre qui désigne ces produits intermédiaires entre les faïences et les porcelaines.

C’est sur cette tendre porcelaine que sont nés les premiers décors polychromes à la fin du XVIIème siècle. Ce furent d’abord des décors orientaux, chinois ou japonais qui étaient si prisés.
Mais qu’il s’agisse de copies pures ou de chinoiseries de fantaisie tant à la mode au XVIII ème siècle, le principe de base de ce type de décors reste, et devrait demeurer encore aujourd’hui, la délicatesse et la transparence obtenues par des touches légères qui la démarquent des décors sur faïence.

L’évolution du décor sur porcelaine passa par plusieurs stades : la copie, la copie libre puis l’interprétation de motifs chinois ou japonais. Les productions des manufactures de Saint-Cloud, de Mennecy, de Chantilly ou même de Meissen en sont la preuve.

Ce désir d’imiter est présent dès le début de la production européenne dans les lettres patentes de 1673 autorisant Louis Poterat à fabriquer à Rouen des porcelaines en même temps que des faïences.

La deuxième source d’imitation, après l’Orient, est le décor bleu des faïences françaises, notamment le Rouen, en effet, bon nombre de ces premières porcelaines présentent des motifs en bleu et en blanc formé de lambrequins. Ceci laissa rapidement la place à des motifs plus variés : branchages, fruits en relief, rocaille, personnages chinois, voir la production de Saint-Cloud

Puis apparurent les premières productions de la manufacture de Vincennes qui commencent par rivaliser avec les porcelaines de Saxe au point de vue technique, même si les sujets sont parfois inspirés de Watteau. Les décors se diversifient alors avec de petits enfants joufflus battant la campagne, des oiseaux, des bouquets, des corbeilles de fleurs et de fruits ornées de rubans.

Ces sujets atteindront la perfection quand Vincennes sera transféré à Sèvres en 1753 et prendra le nom de Manufacture Royale de Porcelaine.

Ensuite, l’histoire des décors se confond avec celle des différentes manufactures.
Le décor peint à la main perdit peu à peu de son prestige avec l’apparition des procédés d’impression sur porcelaine, à la fin du XVIII ème siècle que l’Anglais Potter se faisait fort d’utiliser.

Les motifs les plus utilisés à travers toute l’Europe du XVIII è s. au XIX è s. furent les motifs floraux composés de roses, d’anémones, de tulipes et diverses petites fleurs assorties de rubans dans la plupart des cas. Les copies de tableaux de Watteau, Fragonard ou Lancret furent fréquentes, surtout sur les plaques des meubles royaux.

Aujourd’hui, les peintres expriment leur sensibilité au travers des décors contemporains, mais pratiquent également, comme leurs prédécesseurs, l’imitation des classiques, dont les plus merveilleux sont d’ailleurs, il faut bien l’avouer, inimitables, qu’ils viennent de Sèvres, de Dresde ou de Meissen...